Sillonner l'ex-Yougoslavie

Pourquoi l'ex-Yougoslavie ?

date du voyage : 08/2022  –  publié : 26/03/2023

voyage

Je renverse la question : à quoi bon se limiter à un voyage uniquement en Croatie, uniquement sur quelques sites remarquables de la côte Dalmate ?

La Croatie, la Bosnie, le Montenegro, ainsi que les autres pays de l'ex-Yougoslavie sont, encore aujourd'hui et malgré les blessures à vif infligées par la guerre des années 1990, des pays dont les habitants sont des peuples frères, dont la culture, les traditions et les destins sont toujours entre-mêlés.

Oui, la côte Dalmate vaut le voyage, c'est extraordinaire, unique. Mais pas toute seule. Voir aussi les pays frères, rencontrer aussi les peuples frères, donne toute sa richesse à un voyage authentique dans les Balkans.

Sur place, l'ex-Yougoslavie est toujours dans les esprits, parfois avec hostilité, parfois à regret. Le phénomène de "Yougonostalgie" est vivace, dans une partie de la population de ces pays. Ce sentiment qu'un âge d'or de fraternité et de sens commun s'est évanoui, dans un pays qui avait ses tares (absence de liberté politique, médiatique, d'entreprendre) mais aussi ses qualités (niveau de vie assez élevé pour tous, études et santé gratuites, liberté de voyager à l'ouest, non-alignement ni sur l'occident ni sur l'URSS) ; bref, un cas unique dans l'histoire de modèle socialiste "qui a plutôt bien marché" pour subvenir aux besoins humains fondamentaux. Et bien sûr, la Yougoslavie était cette fédération multi-ethnique où l'on cotoyait de la façon la plus naturelle les voisins qu'ils soient catholiques, orthodoxes, musulmans, juifs, ...

A la disparition de Tito, le passage brusque au capitalisme s'est accompagné de la résurgence des nationalismes, et la fédération yougoslave, peut-être condamnée dès sa naissance à "vouloir imposer" la coexistence fraternelle, s'est vite évanouie et transformée en cauchemar.

Alors, à quoi ressemble "l'ex-Yougoslavie" aujourd'hui ? Que reste-t-il de cet âge d'or de fraternité, quels liens culturels, dans la vie de tous les jours, et dans les esprits ? Voilà un sujet digne d'être effleuré par un voyage dans ces contrées. Non pas comme une fin en soi, mais comme un filigrane, sur la route au gré des haltes, des visites et des déambulations.

En Croatie, on est jamais très loin de la Bosnie, c'est de l'autre côté des crêtes. A Dubrovnik, on est à moins d'une heure du Montenegro. Au Montenegro, la Bosnie est à proximité, plein ouest.

Alors, quoi de plus naturel qu'un voyage en itinérance entre ces trois pays, au gré de l'humeur et des coups de coeur ? Si, il y a un frein : la galère des passages de frontières ! Eh bien, les bons plans pour éviter la galère, c'est plus bas.

C'est parti.

sur la côte dalmate
sur la côte dalmate

Ok, va pour "les Balkans"... mais, comment s'y prendre pour l'organisation ?

Oh, ben... comme toujours ! Chacun sa méthode ; voici la nôtre.

D'abord, les questions structurantes qu'il faut décider bien à l'avance, c'est le triptyque :

  1. Quel type de voyage, via quel moyen principal de locomotion ?
  2. Les questions logistiques de base : quelles dates d'arrivée et de retour ; quels points d'arrivée et de retour ?
  3. Quels sont les incontournables du voyage ?

A partir de là, les grandes lignes du voyage peuvent être réfléchies, petit à petit. Le but est de se trouver, la veille du départ, dans un état de préparation où :

  • La ou les premières nuitées à l'arrivée sont réservées.
  • Une bonne moitié des endroits où passer sont identifiés ; le reste se décidera sur le moment, sur place.
  • Une estimation du séquencement dans le temps est faite, mais pas gravée dans le marbre.
  • S'il y a des endroits très touristiques nécessitant des réservations à l'avance, c'est à réserver ; cela constituera les points de passage et de séquencement obligés.
  • Le reste sera géré au fur et à mesure, afin de disposer du maximum de latitude, et pouvoir adapter le rythme du voyage et son "tracé" concret sur le moment, en fonction des envies et des ressentis sur place.

Notre triptyque - les raisons d'être du voyage

Pour nous, voyage en août 2022, le triptyque a donné :

  1. Voyage en itinérance. En Europe centrale, le moyen de transport le plus "pragmatique" sera la voiture de location, donc ce sera un road trip, suppléé par du bus lorsque c'est plus adapté, et un peu de bateau lorsqu'il s'agit de rejoindre une île 🙂.
  2. Voyage de trois semaines (19 jours), arrivée à Dubrovnik (Croatie), retour depuis Zagreb (Croatie).
  3. Les incontournables du voyage :
  • Croatie - 1 : La côte Dalmate : Ses villes emblématiques, aux influences Vénitiennes et antiques (au moins Dubrovnik, Split, Zadar) ; le côté montagne, surplombant la côte ; et un mini-séjour sur une île.
  • Croatie - 2 : Un des parcs nationaux aux cascades uniques en leur genre.
  • Croatie - 3 : Zagreb, la méditerranéenne mais aussi austro-hongroise.
  • Bosnie - 1 : Mostar, la croisée des cultures.
  • Bosnie - 2 : Prendre le temps, pour comprendre ce qu'est la vie en Bosnie.
  • Montenegro - 1 : Prolongement de la côte Dalmate, jusqu'aux bouches de Kotor.
  • Montenegro - 2 : Voyage en terre majoritairement orthodoxe.
  • Croatie ou Bosnie ou Montenegro : Au moins une grande randonnée à la journée, en montagne.

à la veille du voyage...

A la veille du voyage, le contour avait pris forme :

Ce sera un "grand huit",

  • partant de Dubrovnik (les 2 nuits sont réservées à l'avance),
  • puis se prolongeant au Montenegro à Kotor,
  • puis remontant en terre orthodoxe dans l'arrière pays monténégrin,
  • puis passant en Bosnie pour rejoindre Mostar,
  • puis repassant en Croatie pour longer la côte Dalmate, via Split et Zadar, avec mini-séjour sur une des îles de la côte,
  • puis remontant à l'un des parcs nationaux aux cascades,
  • pour ensuite rebasculer en Bosnie sur un trajet à déterminer,
  • et finalement restituer la voiture de location, et rejoindre Zabreg en bus, pour la fin du séjour avant le retour en France.

Et ce cadre nous laisse 3 jours "libres" qu'on pourra utiliser à loisir pour mettre l'accent là où on se sent bien.

à l'issue du voyage...

A l'issue du voyage, voici la physionomie concrète de notre itinéraire :

article image

Et voici comment le plan théorique s'est précisé et réalisé dans la pratique :

Le plan avant le départ Le voyage tel qu'il s'est déroulé Si c'était à refaire

Croatie - 1 :

  • La côte Dalmate : Ses villes emblématiques, aux influences Vénitiennes et antiques (au moins Dubrovnik, Split, Zadar).
  • Le côté montagne, surplombant la côte.
  • Et un mini-séjour sur une île.

Croatie - 1.a - la côte Dalmate (Dubrovnik) :

  • Dubrovnik

Croatie - 1.a - la côte Dalmate (suite) :

  • La côte Dalmate, les villes : Split la romaine et sa riviera, Šibenik, Zadar.
  • Le col de Gospić - Karlobag, en surplomb de l'Adriatique.
  • 2 jours sur l'île de Hvar, au large de Split.
  • Au nord de Split, la charmante surprise Sinj.

Croatie - 1 :

Avoir aussi le temps de :

  • Visiter Trogir.
  • Faire une journée de randonnée sur les sentiers irréels du Velebit.
  • Passer une journée sur l'île de Rab, à vélo jusqu'aux criques paradisiaques.

Croatie - 2 :

  • Un des parcs nationaux aux cascades uniques en leur genre.

Croatie - 2 :

  • Parc national de Plitvice.

Croatie - 2 :

  • Plitvice est fantastique ; Krka l'est certainement tout autant. Le choix dépend du bon agencement avec le reste du voyage.

Croatie - 3 :

  • Zagreb, la méditerranéenne mais aussi austro-hongroise.

Croatie - 3 :

  • Zagreb, pour la fin du voyage (avant le vol retour).

Croatie - 3 :

  • Aucun regret, mais à noter que Zagreb est excentré vis-à-vis du reste du voyage. Donc on pourrait imaginer de "simplifier" ce voyage, en faisant l'impasse sur Zagreb, et simplement en repartant du point de départ, Dubrovnik.
    Zagreb étant bien desservie à l'international, ça peut constituer une destination pour un autre voyage.

Bosnie - 1 :

  • Mostar, la croisée des cultures.

Bosnie - 1 :

  • Mostar, vraiment incontournable.
  • Juste à côté, Blagaj.

Bosnie - 1 :

  • C'était parfait (même si trop court).

Bosnie - 2 :

  • Prendre le temps, pour comprendre ce qu'est la vie en Bosnie.

Bosnie - 2 :

  • Après le coup de cœur pour Mostar, on décide que le centre de gravité du voyage se décale vers la Bosnie : On pousse jusqu'à Sarajevo (deux nuits), après être passés par Bihać (à l'ouest, pour une soirée), et une traversée via par Jajce, Travnik (une nuit). Puis retour sur la côte Croate via Konjic, et Mostar à nouveau pour un au-revoir, le carrefour et point d'orgue du voyage.
  • Randonnée à Umoljani, en direction de Lukomir ; on est à une heure de route de Sarajevo.

Bosnie - 2 :

  • C'était parfait (même si trop court).

Montenegro - 1 :

  • Prolongement de la côte Dalmate, jusqu'aux bouches de Kotor.

Montenegro - 1 :

  • Perast (pour la nuit, merveilleux).
  • Kotor (coup de cœur).
  • Route "serpentine" (gros souvenir), avant la bascule dans l'arrière pays.

Montenegro - 1 :

  • C'était parfait (même si trop court).

Montenegro - 2 :

  • Voyage en terre majoritairement orthodoxe.

Montenegro - 2 :

  • Sur la route, Cetinje, Pogdorica, jusqu'à Nikšić.
  • Monastère orthodoxe d'Ostrog.

Montenegro - 2 :

  • Avoir le temps de s'enfoncer dans "le grand nord" du pays, sauvage, montagneux et reculé ; pour des rencontres, et pour randonner.

Croatie ou Bosnie ou Montenegro :

  • Au moins une grande randonnée à la journée, en montagne.

Croatie ou Bosnie ou Montenegro :

Croatie ou Bosnie ou Montenegro :

Avoir aussi le temps pour :

  • cf. Croatie - 1 / Randonnée sur les sentiers irréels du Velebit.
  • cf. Montenegro - 2 / Randonner dans "le grand nord".

A quoi ressemble le quotidien

On est au coeur de l'Europe. Pas de choc culturel à prévoir. Certains pourront être soulagés, d'autres déçus, mais même dans les campagnes reculées, on n'est pas dans l'univers déjanté et foutraque des Balkans romancés filmés par Emir Kusturica. Le niveau de vie n'est certes pas le nôtre, mais il n'est pas si éloigné.

Un point commun, tout au long du voyage, c'est qu'il reigne une tranquillité qui, elle, nous est inhabituelle. Presque une sérénité ; on "ressent" qu'il ne peut rien nous arriver de facheux, où que l'on soit. Il faut vraiment aller à Split ou Hvar pour "trouver" une touche d'ambiance hype, qu'il est tout aussi agréable de trouver en arrivant, que de laisser en repartant.

Non seulement "il ne peut rien nous arriver de facheux", mais il est garanti que de bonnes choses arrivent : les gens sont tout simplement très accueillants, à travers ces pays. Envie de discuter de comment est la vie par ici ? Va pour une pause se détournant de la route principale, jusqu'à arriver à la terrace d'un bar fréquenté par des locaux ; il y a alors de bonnes chances d'être adopté par le cercle de discussions.

Pour autant, il y a dépaysement culturel, mais il est plus subtil. Pour le comprendre, petit retour historique. C'est très schématique donc très approximatif, mais ça donne une première vue d'ensemble, nécessaire à toute compréhension.
L'ex-Yougoslavie, c'est avant tout l'espace où des siècles de luttes d'influences ont vu s'affronter les religions catholique, orthodoxe, et musulmane. Des identités se sont ainsi forgées, puis le temps a apaisé ces luttes. A présent, partout sur le territoire, ces trois religions (pour ne parler que des plus influentes) se cotoient sans velléité.

En Croatie, la religion catholique est majoritaire ; au Montenegro, c'est la religion orthodoxe ; en Bosnie, c'est la religion musulmane.

Ainsi, où que l'on se trouve, on constate un mix de ces trois religions. Dans une ville ou un village donné, l'une d'elles sera majoritaire sur les deux autres. Comment le constate-t-on ? Non pas au premier regard dans la rue chez les gens, car il n'y a pas de "signe extérieur" évident, extérieurement on est "tout simplement au coeur de l'Europe", avec un même quotidien, une même langue commune, une culture commune. La distinction se fait avec les édifices religieux. On change de vallée, changement de physionomie, les églises deviennent majoritaires sur les mosquées, ou inversement. Ces alternances sont particulièrement remarquables en Bosnie.

Croatie - 1.a - la côte Dalmate (Dubrovnik)

Dubrovnik

Bien évidemment incontournable et impressionnant, bien évidemment surfréquenté et surtouristique. Mais en faisant un minimum abstraction, ça ne gâche pas le plaisir.

Prévoir au minimum 2 jours à Dubrovnik : Première journée consacrée à la vieille ville. Deuxième journée aux alentours, à la plage ou sur les hauteurs, et profiter une dernière fois de l'atmostphère de la vieille ville.

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La vieille ville

Deux entrées principales. A l'ouest, la porte Pile. A l'est, la porte de Ploče. Notre hébergement étant (comme la plupart) à l'ouest de la vieille ville, l'entrée se fait par la porte Pile.

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La vieille ville mérite d'être arpentée en tous sens ! Sur le plan, et ci-dessous, on suggère une trame, autour de laquelle toutes les variations sont bienvenues.

  • La rue principale, la Placa - Stradun, donne le ton, par son harmonie et sa majesté. Jusqu'au palais du recteur (à visiter). Magique à toute heure, les bâtiments de calcaire blanc s'imprégnant de la lumière du moment pour rendre une atmosphère sans cesse différente.
Dubrovnik Placa (Stradun)
Dubrovnik Placa (Stradun)
marches vers l'église St-Ignace - [credits](https://www.flickr.com/photos/amanderson/10536416585){_blank}
marches vers l'église St-Ignace - credits
  • La charmante place Gundulićeva poljana, qui se rejoint par le palais du recteur. Depuis la place, vue sur l'église St-Ignace, qui s'accède par des marches qui rappelleront à certains la piazza di Spagna de Rome, à d'autres de fameuses scènes de Game of Thrones.
  • A partir de là, un seul mot : arpenter !
depuis les ramparts
depuis les ramparts
Lapad bay - [source](https://www.croatiagems.com/lapad-bay){_blank}
Lapad bay - source
  • Les remparts : Le tour complet de la vieille ville sur ses remparts, atmosphère unique, la ville, la mer, la montagne, tout s'offre au regard, de bout en bout. On a envie que ça se s'achève pas. Compter strict minimum 2 heures.

Baie et plage de Lapad

On est sur la côte dalmate, alors, que rêver de mieux qu'une crique aux eaux turquoises, où les rochers plongeant dans la mer seraient à l'ombre des pins parasols, tout cela à quelques minutes de la vieille ville de Dubrovnik ? Oui, c'est possible. C'est à Lapad.

Depuis la porte Pile, prendre le bus 4 (ligne orange), arrêt "Lapad bay".

Pour le retour, la bonne idée, à plus forte raison si l'heure de l'apéro approche, c'est de flaner sur la très agréable promenade "Šetalište kralja Zvonimira", et se poser à une des innombrables terrasses de café. Ensuite, retour en bus, ou retour à pied : la chambre n'est pas loin et il y a de bonnes adresses pour dîner.

Se restaurer

  • "Atypique" car plutôt bon marché (pour Dubrovnik), restaurant sans chichi tenu par une famille adorable, situé sur la charmante place Gundulićeva poljana: le Kamenice. Aussi atypique car ça doit bien être le seul restaurant de la vieille ville à être fermé le midi ! Ils ne travaillent que le soir, mais attention : três demandé, il y beaucoup plus de clients que de tables. Cela dit, ils font beaucoup de services durant la soirée, il y aura de la place pour tout le monde. Donc deux possibilités : Réserver, ou bien faire la queue (plusieurs dizaines de personnes, donc plus d'une heure d'attente, le temps de la rotation, donc prévoir sa cannette et amuse-gueules pour prendre l'apéritif dans la queue !). Pour nous, ça a été un festival de pouples : grillé, en salade, dans le risotto.
  • Pour une ambiance relax et cosy, le soir de retour de la baignade à Lapad, cuisine plus raffinée et toujours à prix raisonnable : Taverna Loggia (sur Ul. Nikole Tesle, au début du port).
restaurant Taverna Loggia, Dubrovnik
restaurant Taverna Loggia, Dubrovnik

Transports en commun

A l'arrivée à l'aéroport, le bus navette (la ligne officielle est servie par la compagnie Platanus) fait 2 arrêts à Dubrovnik : le premier, à la vieille ville, à la porte de Ploče (porte est) ; le second au terminal de bus (main bus station), excentré à l'ouest de la ville. Donc 3 possibilités pour se rendre à son hébergement avec les bagages :

  • Prendre un taxi (mais bien plus cher que la navette)
  • Navette avec descente au premier arrêt (porte de Ploče) : utile si l'hébergement est situé à l'est de la ville ou bien dans la vieille ville.
  • Navette avec descente au terminus : utile dans les autres cas. Mais alors, il faudra prendre un autre bus, depuis le terminal, pour descendre où il faut. Ca fonctionne bien, les bus sont fréquents. Comme le montre la carte des bus, il y a un choix à faire : Soit desserte des "hauteurs" de Dubrovnik → lignes 3, 5 ou 8 ; soit desserte de Lapad → ligne 7 ; soit desserte des quartiers proches de la côte → tout le reste (direction la porte Pile).

Par la suite, depuis le lieu de résidence, globalement toutes les lignes mènent à la vieille ville (porte Pile, côté ouest) ; éviter seulement les lignes "hautes" (3, 5, 8).

plan des lignes de bus de Dubrovnik
plan des lignes de bus de Dubrovnik

Hébergement

Chambre d'hôtes Guesthouse MM (située ici)

On est accueillis avec une vraie cordialité. On discute vraiment, du présent, du passé. L'hébergement en lui-même est irréprochable, le lit est très confortable, la chambre très fonctionnelle, bien entretenue, il y a la clim. Il y a une terrasse privée, ainsi que la terrasse commune avec les hôtes. Le bus pour la vieille ville est à trois minutes.

Difficile d'imaginer meilleure adresse pour se loger confortablement à Dubrovnik, sans se ruiner (75€ la nuit), tout en ayant un vrai contact avec les hôtes.

Montenegro - 1 - bouches de Kotor

Kotor

Nous étions "méfiants", car la ville de Kotor est un hot spot touristique, qui plus est accessible à la journée depuis Dubrovnik. Donc gros risque que ça soit surfait, sans âme, et finalement un de ces lieux sur terre où la classe moyenne supérieure occitendale se retrouve entre elle pour un instant de dépaysement de façade.

Crainte infondée ! En réalité, le centre historique de Kotor est plutôt vaste, donc il "absorbe et dilue" sans problème le flot de touristes. Kotor est un grand dédale de ruelles, dont on peine à "faire le tour", tellement les ruelles sont innombrables. Les gens y vivent, ce n'est pas un village musée Potemkine. L'entièreté de ce dédale de ruelles est charmant, c'est un émerveillement constant de les arpenter, d'admirer la cohésion d'ensemble, autant que les spécificités ornementales de chaque bâtisse, ou le charme unique de chaque placette, et des chapelles sur lesquelles on tombe. Evidemment, il y a foultitude de restaurants et bars, mais ils sont bien intégrés dans les recoins des certaines ruelles ; il n'y a rien d'ostentatoire ni criard, pas d'ambiance jet set. L'atmosphère de Kotor est calme et détendue.

C'est un très gros coup de coeur.

Kotor, église St Luc
Kotor, église St Luc

Perast

Un peu pénible pour le stationnement, mais c'est pour la bonne cause : Perast est un village zéro voiture. Le stationnement le plus recherché (et payant) est côté ouest, car plus proche du centre bourg ; le plus pratique, bien qu'excentré (et gratuit), est côté est, en direction de Kotor, car les possibilités de stationner sont sans limite le long de la route, quitte à marcher un peu. La récompense, c'est qu'il règle à Perast une atmosphère unique : le village est fait de ces mêmes pierres blanches calcaires que Dubrovnik et Kotor, invitant à la sérénité ; c'est 100% piéton, le calme au bord de l'eau, où la mer elle aussi est d'une grande quiétude, baie de Kotor oblige.

Pour le plaisir des yeux, passer devant le palace Heritage Grand Perast et se dire que là, oui, dans une autre vie ça vaudrait sans aucun doute les 400 euros la nuit 🔥, au même titre qu'à Matera en Italie, au Sextantio Le Grotte Della Civita.

Notre très bonne idée a été de passer la nuit à Perast (plutôt qu'à Kotor) : ainsi, en complément de la découverte à l'arrivée, on savoure aussi cette atmosphère de sérénité absolue ♥♥ à la nuit tombée, pour la fin de soirée.

Perast
Perast

la serpentine

La route serpentine, c'est le genre d'endroit où on se dit : je suis super content de "l'avoir fait", c'était génial, panoramas magnifiques, et touche d'adrénaline ; mais je ne le referai plus jamais, car c'était quand même galère, je m'en suis bien sorti, inutile de forcer le destin 🙂. En effet, il y a forcément au moins un moment où l'on va croiser un bus. Et là... des dizaines de voitures dans l'obligation de reculer, de façon ordonnée avec très peu d'espace, se serrer, trouver de quoi se ranger, la falaise d'un côté, rembarde et ravin de l'autre, ça passe à quelques centimêtres, jusqu'à la délivrance : le bus est passé.

Pour le reste, les panoramas sont à couper le souffle. Y a pas à dire, ce sont bien les fjords de Norvège, mais sans la Norvège, et sans les fjords 🙂 ; et avec la touche d'adrénaline due au bus 🙂.

La serpentine, c'est aussi notre porte de sortie des bouches de Kotor : passé le col, on bascule dans l'arrière pays Monténégrin, et on tourne cette page du voyage, pour ouvrir la page suivante.

bouches de Kotor
bouches de Kotor
restaurant Veranda, Orahovac
restaurant Veranda, Orahovac

Se restaurer

Repas du soir à l'improviste au restaurant Veranda car ça avait l'air accueillant, situé en bord de route au petit village d'Orahovac, entre Kotor et Perast. Fréquenté par des locaux, prix locaux, tranquille terrasse (et véranda, donc 🙂). Le poisson grillé à la sauce blanche, spécialité locale, un régal. La salade chopska à la Bulgare passe très bien aussi.

Hébergement

Nous étions à Perast, à Gudelj apartments (situé ici). Hôtes sympathiques, studio fonctionnel et propre. Emplacement idyllique, la terrasse ombragée est un appel à profiter de la super vue sur la baie.
Perast by night est magique, moment hors du temps. Le matin avant de prendre la route, il y a l'option baignade. Toujours en toute simplicité.

Perast et bouches de Kotor, de nuit
Perast et bouches de Kotor, de nuit

Montenegro - 2 - en terre orthodoxe

Passage à Cetinje

Après avoir quitté la baie de Kotor et la serpentine, la route se fraie un chemin dans la garrigue entre les blocs rocheux. Puis vient le moment où en contre-bas la ville de Cetinje se dévoile. Impression étonnante, les maisons, les quartiers, la ville toute entière sont comme posés au milieu de la forêt et ses blocs rocheux, sans autre intervention humaine, sans parasitage. Comme si trois cabanes émergaient d'une clairière, mais à l'échelle de toute une ville.
Sur place, atmosphère paisible, le temps d'un casse-croûte et petite balade dans le centre.

Cetinje 1946, affiché sur un mur
Cetinje 1946, affiché sur un mur
fresques
fresques

Monastère d'Ostrog

C'est une expérience.
Déjà, car c'est un haut lieu de l'orthodoxie, donc on est au milieu de pélerins, qui viennent en famille. Il se dégage une atmosphère émouvante. Les popes sont "très accessibles", certains donnent des explications sur les fresques et répondent aux questions.
Ensuite, car le site est très spectaculaire : le monastère est partiellement troglodytique, il se déploie tout en verticalité sur la paroi, c'est magestueux. A l'intérieur, quantité de fresques, et le panorama sur la vallée est époustouflant ; vu le contexte, il inspire la contemplation et l'introspection.

Possibilité de se garer tout proche du monastère (reste 10 minutes à pied), ou bien un peu en contre-bas, au monastère inférieur, pour atteindre le monastère haut par une randonnée sportive d'une heure.

Ostrog
Ostrog

Nikšić

La soirée et nuitée à Nikšić se justifie si c'est couplé à la visite du monastère d'Ostrog.

A Nikšić, la place centrale est agréable, on peut par exemple prendre une bonne pizza chez Bordo (sauvés par le pizaiollo qui, lui, parle anglais).

Ne pas hésiter à rentrer dans les locaux de la Prva banka, à l'angle au début de la rue piétonne Njegoševa br., pour découvrir avec stupéfaction ce bâtiment de l'ère socialiste demeuré inchangé, avec ses centaines (ou milliers ?) de box individuels (était-ce une poste ? une banque ?).

Le reste de la ville est une illustration, parmi tant d'autres partout en Croatie + Bosnie + Montenegro, de ce que fut un pays, la Yougoslavie, industrialisé et dynamique, et du présent désindustrialisé et où les villes sont pour ainsi dire devenues "surdimensionnées" pour leur population, donc partiellement en déshérence ; mais partout, malgré tout, toujours vivantes, simplement, à échelle réduite. Le même constat, encore plus saisissant, a été fait par exemple à Čapljina en Bosnie Herzégovine.

Pour le lendemain, décision est prise : des choix "difficiles" doivent être faits, voici le premier : nous n'irons pas plus au nord au Montenegro, nous ne verrons pas les contrées plus montagneuses, reculées et sauvages.

Remarque étonnante : des hauteurs de Kotor à Cetinje à Pogdorica à Ostrog à Nikšič jusqu'au retour à la frontière bosniaque au dessus de Trebinje, pas une seule fois au "sud-Montenegro" nous n'avons vu un champ cultivé ! Uniquement de la garrigue. Et pas de troupeaux d'élevage, non plus.
Certes la région est rocailleuse, mais malgré tout c'est quand même remarquablement étonnant, un grand territoire qui à ce point ne pratique strictement aucune agriculture ni élevage, donc qui structurellement (et probablement historiquement) est en situation de dépendance pour ce besoin élémentaire.
Challenge : si quelqu'un, photo à l'appui, peut me contredire, j'en serais ravi ! 🙂

Bosnie - 1 - Mostar, la croisée des cultures

vieux pont de Mostar
vieux pont de Mostar

Mostar

Autre très gros coup de cœur du voyage, pour des raisons très différentes. Prévoir au minimum 2 jours.
Mostar, la ville du vieux pont faisant la jonction entre le monde ottoman sur une rive, et le monde catholique sur l'autre, est absolument attachante pour l'atmosphère multi-culturelle qui s'en dégage, et pour la richesse de son patrimoine architectural. Flaner dans les adorables ruelles du centre historique, et se sentir à la croisée des civilisations, mêlées en une seule, en cet endroit précis.

L'arrivée par le sud-est (par Stolac) est remarquable : alors qu'on est encore à une quinzaine de kilomètres, on devine la ville au loin, en contre-bas dans la plaine. On la devine, car il est évident qu'elle se situe là, en point de passage stratégique, dans cet étroit renfoncement naturel entre les montagnes majestueuses qui tout d'un coup émergent et barrent l'horizon.

La vieille ville

Le côté bosniaque (musulman) est rive gauche, c'est à dire côté est (la rivière Neretva s'écoule du nord au sud).

Le côté bosno-croate (catholique) est rive droite, c'est à dire côté ouest.

Entre les deux : bienvenue sur le très célèbre vieux pont de Mostar. De part et d'autre : un condensé de ruelles qui nous font remonter dans le temps et les siècles ; atmosphère "médiévale ottomane mais pourtant occidentale", magique.

La réalité est un peu moins nette que ce découpage, on voit bien que les édifices religieux ne sont pas répartis avec une telle rigueur "dogmatique". Pour autant, dans les grandes lignes, c'est bien de ça qu'il s'agit ; encore aujourd'hui, au quotidien bien sûr les gens se déplacent et se mêlent, mais l'habitat se répartit assez clairement par quartiers selon ce principe des deux rives.

Rajoutons la troisième composante, minoritaire mais bien présente : la zone bosno-serbe (orthodoxe), sur les hauteurs rive gauche. One ou deux heures permettent de prendre de la hauteur avec vue sur tout Mostar, et visiter la succession du palais Mitropolite Vladičin Dvor / cathédrale de la Sainte-Trinité / vieille église orthodoxe de la nativité de la vierge Marie (tous très difficilement localisables sur google, "pas de chance", mais très bien documentés dans le guide Petit Futé carnet de voyage) ; noter le cimetière en pleine pente, où certaines tombes paraissent tristement prêtes à vaciller dans le ravin.

Mostar est un des exemples les plus réussis du retour à une normalisation des relations entre les communautés de Bosnie (et d'ex-Yougoslavie), après la guerre des années 1990 qui pourtant y fit rage. Les trois communautés sont de retour, et elles sont à nouveau mêlées. Alors que même à Sarajevo, le retour à un authentique multi-culturalisme ne s'est pas réalisé tant que ça.

Mostar de nuit
Mostar de nuit

Se restaurer

Il y a des bonnes adresses, pas attrape-touristes, fréquentées en particulier par des locaux, et superbement situées. En voici deux :

Hindin Han (restaurant bosno-croate, et non pas hindou, ni han 🙂)

Lové dans les ruelles et en surplomb. Attention avec les meza sa peksimetima : même le small est très copieux ! Donc y réfléchir à deux fois avant d'en prendre en guise d'entrée. Ou alors, comme nous, ne pas trop y réfléchir, et demander à emporter les restes...
Le mućkalica, sauté de veau au paprika, est très, très bon, la sauce aux légumes est une tuerie. Le serveur était rayonnant quand je lui ai dit que c'était very very good, il a expliqué que c'était une des spécialités du restaurant.

Urban grill and gourmet

En terrasse, avec vue sur le vieux pont. La bonne idée, conseillée par nos hôtes : y aller pour le petit-déjeuner ou pour un déjeuner anticipé, et prendre l'oriental breakfast. Pas cher du tout, et sous couvert de "breakfast", on savoure un peu de tout, sucré, salé, et on est repus jusqu'au soir.

Hébergement

Aurelia rooms (situé ici)

Se loger dans une chambre d'hôtes dont la note moyenne booking.com est 9,9 (!), et à prix très doux (50€), à Mostar : oui c'est possible.

L'endroit est remarquable, au calme bien qu'au centre ville, bâtisse cossue, grande chambre, confort et raffinement. L'accueil est très chaleureux et serein. Très bien situé à une minute à pied des ruelles de la vieille ville. Et en plus, on s'y gare. Pour la coupe de raisins ou de figues, il suffit de se servir dans le jardin, sur les ceps ou sur l'arbre.

Blagaj
Blagaj

Blagaj

Haut lieu de pélerinage musulman soufi, situé à une quinzaine de kilomètres de Mostar, on y vient en famille. Le site naturel sur lequel a été établi le tekké (lieu de culte) est remarquable ; l'ensemble dégage une harmonie apaisante, et forme un ensemble unique.

Počitelj

Une halte à Počitelj est bienvenue si on est de passage ; ça peut aussi faire l'objet d'un détour depuis Mostar.
Le vieux village de Počitelj est essentiellement un témoignage du passé. Il faut dire que le site (un cirque naturel) et les constructions traditionnelles sont remarquables, avec le rez-de-chaussée en pierres et l'étage saillant en bois avec structure en encorbellement. Il y a d'ailleurs de fortes similitudes avec les constructions traditionnelles à l'autre bout des Balkans, en Bulgarie (par exemple à Melnik).
Il se dégage une atmosphère paisible. A flanc de colline, le dénivelé de la visite dégourdit bien les jambes. Au pied, une pause au bistro Stari Grad permet de faire durer ce moment de tranquillité.

Si l'heure du dîner approche, la ville de Čapljina est à quelques minutes ; l'occasion, là aussi, de prendre l'atmosphère dans cette bourgade résolument d'Herzégovine (comprendre : résolument bosno-croate), et de faire un constat similaire à Nikšić au Montenegro : ville anciennement industrialisée, à présent toujours vivante mais dans un espace rétréci, la ville est devenue trop grande pour sa population.

Pocitelj
Pocitelj

Croatie - 1.b - la côte Dalmate (suite)

côte Dalmate par un matin venté
côte Dalmate par un matin venté

Longer la côte Dalmate, c'est là aussi faire des choix : le temps des vacances n'est pas infini, alors que les paysages méditerranéens avec les montagnes en fond sont systématiquement fascinants, et littéralement sur des centaines de kilomètres les cités se succèdent en bord de mer, des grandes villes aux villages de pêcheurs. Des choix drastiques, mais un passage obligé : Split.

Split, riva
Split, riva

Split

Split est incontournable, une des merveilles de Méditerranée. Déambuler en ville, et être projeté, immergé même, dans l'antiquité : ça se passe à Rome ; et ça se passe à Split, dont la vieille ville s'est construite autour du palais de Dioclétien, empereur romain au IIIème siècle après J-C.

Split, palais de Dioclétien
Split, palais de Dioclétien

Sinj

Hébergement

Marko&Luka guesthouse (situé ici)

Split étant hors de prix, nous avons finalement trouvé cette chambre charmante, fraichement rénovée en y mettant les moyens "comme so c'était pour soi-même", à Sinj. C'est à 25 minutes en voiture des abords de Split.

La bonne surprise, c'est que Sinj est une petite ville très chouette, très joli centre bourg (très dalmatien, de pierres blanches), et tout plein de restos et de bars.

Trogir

Pour sa spendide vieille ville vénitienne.

Šibenik - [source](https://www.flickr.com/photos/claudevoyage/8916184473){_blank}
Šibenik - source

Šibenik

Pour son dédale de ruelles typiquement dalmates donnant sur la mer, grande ville aux airs de gros village.

Stationnement pratique et gratuit ici sur les hauteurs.

Hébergement

Chouette studio à Zaton, apartment Antić (situé ici). Figues à volonté dans le jardin 🙂.

Zaton est très joli, blotti au calme tout au bout d'un impressionnant bras de mer. A quelques minutes de Šibenik, et à l'écart du flot de touristes, vraie ambiance de village de bord de mer, apaisante après une journée de visites. Et tarifs plus abordables.

Zadar

Pour l'église Saint-Donat et ses fondations avec réemploi de colonnes romaines, la spectaculaire cathédrale Saint-Anasthasie, et bien sûr l'orgue marin.

Stationnement possible dans les zones résidentielles.

Et concernant les îles...

Bien entendu, pour les îles aussi, des choix drastiques doivent être faits : quelle(s) île(s) privilégier ? Sachant que chaque île a ses particularités, un micro-climat et une physionomie qui lui est propre.
Pour ce voyage, on met le cap sur l'île de Hvar, qui est facilement accessible depuis Split, et qui combine une ville très dynamique (Hvar), des belles plages, et à portée de bus des villages reculés authentiques.
Un précédent voyage permet d'affirmer que l'île de Rab est elle aussi merveilleuse, à sa façon.

L'île de Hvar

Sur le vaste port de Split, le ferry pour l'île et la ville de Hvar, durée 1h05, compagnie Jadrolinija, se prend précisément ici (en tout cas, en août 2022). Il y a des places si on réserve les billets 2 jours à l'avance, par exemple sur https://getbyferry.com. Il y a quantité de dessertes quotidiennes, de tôt le matin (pour l'aller) jusqu'à tard le soir (pour le retour).

Hvar c'est la jet-set et le m'as-tu-vu, mais pas que.
La ville de Hvar est très agréable.
A l'est de la ville, les criques de sable et galets sont superbes mais étroites et très courues, ne pas hésiter à transformer la sortie plage en petite randonnée le long de la côte pour atteindre cette plage-ci (pas sûr de son nom), où la foule ne s'aventure pas ; puis le retour se fera en surplomb, à travers oliveraies et vignes.
A l'ouest de la ville, la côte offre une promenade tranquille et aménagée en front de mer, où l'on peut se poser et se baigner au bord de l'eau sur les rochers à l'ombre d'un pin. (attention, ça ne rejoint pas la plage Podstine, cul-de-sac privatisé juste avant).
Avec un jour de plus, le calme et la sérénité bucoliques de l'Adriatique sont accessibles en un coup de bus, les villages à l'écart ne manquent pas, c'est une grande île (plus de 50km de long).

Hvar - à l'est, plage proche de Milna
Hvar - à l'est, plage proche de Milna
Hvar - à l'ouest, front de mer
Hvar - à l'ouest, front de mer

L'île de Rab

L'île de Rab est accessible pour une excursion à la journée, la traversée en ferry (Stinica - Misnjak) ne prend que 15 minutes. Sachant cela, en s'y prenant tôt le matin, on peut profiter à Rab-ville d'une location de vélo, pour se rendre dans l'une des nombreuses et merveilleuses criques, accessibles uniquement à vélo (ou en bateau). Le cadre est tel qu'on l'imagine pour une île paradisiaque de Méditerranée, et sans la foule. Puis retour à vélo à la ville de Rab, et on profite d'une terrasse de café, avant de songer au retour au ferry.

"Such a perfect day 🙏", une pareille journée de rêve et d'évasion, il faudrait avoir de sacrés arguments pour s'en priver.

île de Rab
île de Rab
Rab ville
Rab ville
Velebit - sentier
Velebit - sentier

Randonnée dans le Velebit

Randonner en surplomb de la côte Dalmate et de la mer Adriatique, un très grand moment, des paysages et panoramas irréels. L'accès au parc national est payant.

Depuis le point de départ (le point de stationnement), nombreuses variantes possibles. S'assurer d'avoir une application de randonnée GPS qui fonctionne sur le smarthpone.

Pour randonner gratuitement, nombreuses possibilités également. Par exemple, plus au sud, au départ du col Karlobag - Gospić.

Velebit - vue sur l'Adriatique
Velebit - vue sur l'Adriatique

Croatia - 2 - Parc national de Plitvice

Parc national de Plitvice

Incontournable ; mais hors de prix ; mais incontournable ; mais hors de prix. Et le parking, obligatoire, est en sus. Bref.

cascade à Plitvice
cascade à Plitvice

L'essentiel à comprendre pour s'organiser sur place :

  • Il y a fondamentalement 2 zones de lacs (et leurs cascades) : les lacs amont, et les lacs aval.
  • Ces deux zones sont disjointes. Entre les deux, il y a le grand et très beau lac de Jezero Kozjak. Sur ce lac, des bateaux (électriques et totalement silencieux) font la rotation qui assure la jonction entre les 2 zones. Sur la carte, c'est la jonction entre les pontons "P2" et "P3". Il est également possible (mais moins féérique) de faire la jonction sur la terre ferme, via petit-train navette, ou à la marche évidemment.
  • En tout, il y a une dizaine de sentiers, très bien balisés et fléchés : Trail A à trail K. Certains de ces itinéraires sont des variantes les uns des autres.
  • Fondamentalement, le tour des lacs amont se fait via le trail E. Le tour des lacs aval se fait via le trail A.
  • Notre conseil, c'est (comme toujours) d'avoir son smartphone GPS avec soi, et de se faire son propre itinéraire sur le moment, en fonction de ce qu'on a vraiment envie de faire. Avec le trail E comme "base" pour les lacs amont, et le trail A comme "base" pour les lacs aval.
  • Pour la "base" incompressible, compter 3 bonnes heures (5km de marche) pour les lacs amont ; 2h30 (4km de marche) pour les lacs aval. C'est un rythme de sénateur, à cause des pauses toutes les deux secondes pour admirer ou pour prendre des photos ; ça peut donc se faire plus rapidement, "si nécessaire".
  • Il y a un peu de dénivelé. Rien de sérieux, mais voilà il faut être prêt à ce type d'effort physique. C'est tout à fait déconseillé (grosse galère) aux poussettes.
  • Ca vaut absolument le coup de faire faire et les lacs amont, et les lacs aval !
  • S'il fallait choisir une seule des deux zones (car pas le temps, car pas la forme, car enfant en bas âge, etc) ... très difficile de choisir... l'amont est plus "féérique" au milieu de la forêt et des chutes d'eau ; l'aval est plus majestueux dans les gorges.
  • Un choix à faire au départ : entrée 1, ou entrée 2. Sachant que si le but est de faire l'amont + l'aval, ça revient au même. L'entrée 1 dessert directement l'aval, l'entrée 2 dessert directement l'amont. Nous avons choisi l'entrée 2, car elle paraît "plus centrale", mais encore une fois, si c'est pour faire amont + aval, il n'a pas de critère majeur pour choisir, à part se dire : est-ce que je préfère démarrer par le féérique ? (→ amont, entrée 2) ; ou par le majestueux ? (→ aval, entrée 1).
  • L'entrée 1 présente un avantage pour les pressés : l'aval peut être fait directement et sans dépendre du moindre bateau ; donc le timing est maîtrisé. Alors qu'une très courte (mais potentiellement embouteillée) traversée en bâteau est nécessaire depuis l'entrée 2 pour rejoindre le départ de l'amont ; sur le plan, c'est la jonction entre les pontons "P1" et "P2".
Plitvice, sentier E amont - [credit](https://np-plitvicka-jezera.hr/fr/planifiez-votre-visite/istrazite-jezera/activites/programmes-de-visite-des-lacs/){_blank}
Plitvice, sentier E amont - credit
Plitvice, sentier A aval - [credit](https://np-plitvicka-jezera.hr/fr/planifiez-votre-visite/istrazite-jezera/activites/programmes-de-visite-des-lacs/){_blank}
Plitvice, sentier A aval - credit

Hébergement

Nombreuses possibilités à proximité (à l'extérieur du parc national), à prix raisonnable. Notre chambre d'hôtes (située ici) était très bien, confort, accueil, reposante, à très bon prix (50€ la nuit) pour un site touristique en Croatie.

Bosnie - 2 - jusqu'à Sarajevo

Bihać

Après la Croatie, de l'autre côté de la frontière, à 30 minutes (+ la douane) de Plitvice, donc accessible y compris pour un "saut de puce" le temps d'une soirée, retour en zone où le voyageur n'est pas pris pour un portefeuille ambulant, ça fait du bien.

La visite de Bihać est rapide, la mosquée étonnante (ancienne église reconvertie), vieille ville malheureusement en grande partie détruite par les bombardements alliés lors de la seconde guerre mondiale (comme le montrent les photos d'époque sur place). L'ambiance est décontractée le long des multiples cafés du centre.

Pour se restaurer et passer un bon moment dans un lieu décontracté (y compris les serveurs) et très animé car il y a beaucoup de monde et les services se succèdent, il y a le "City caffe" (nos meilleurs ćevapi-et-assimilés du séjour). D'ailleurs, possibilité de se garer juste à côté (au stade, en face), pour aller visiter le centre ville à pied.

Jajce, Travnik

Cette traversée jusqu'à Sarajevo dévoile le coeur de la Bosnie, c'est à dire avant tout la nature, qui règne en maître : il y a peu de villes, et il y a peu de villages. C'est aussi l'occasion d'alterner entre la Bosnie-Herzégovine (ici à majorité bosniaque) et la république serbe de Bosnie (à majorité serbe-orthodoxe) ; là encore, les (souvent superbes) édifices religieux sont tout aussi parlants que les panneaux de signalisation.

Halte recommandée à Jajce, une de ces petites bourgades typiques et accueillantes.

Halte recommandée à Travnik, grosse bourgade animée et tout aussi accueillante. Nous y avons passé la soirée, et la nuit au très chouette appartement Ozzy (situé ici).

Puis on approche de Sarajevo. Et ça se ressent : pour la première fois en Bosnie, alors qu'on n'est pas encore en ville, on n'est pas non plus à la campagne : les zones industrielles et commerciales se succèdent, l'habitat se densifie, de même que les artères routières. Pas de doute, on est en approche d'une grande métropole, la métropole de Bosnie.

Sarajevo

Finalement Sarajevo se dévoile, se déploie sur toute sa longueur, sur ce très vaste plateau entouré de montagnes, elles-mêmes couvertes de forêts.

Sarajevo - [credits](https://www.flickr.com/photos/46648567@N07/4803264752/){_blank}
Sarajevo - credits

Avant le voyage, ce qu'on sait de Sarajevo, c'est son histoire : mixité et richesse des cultures au cœur des Balkans ; déclenchement de la première guerre mondiale avec l'assassinat de Franz Ferdinand ; ville assiégée lors de la guerre fratricide des années 90. En revanche, sur le présent, il est difficile de bien saisir à l'avance à quoi pourrait ressembler un court séjour à Sarajevo. Mais après avoir passé du temps en Bosnie, on a déjà les idées clarifiées sur certains points :

  • Ambiance relax, gens admirablement et naturellement accueillants, zéro stress.
  • Atmosphère d'europe centrale avec une touche orientale, à la croisée des cultures.
  • A l'échelle d'une ville bien plus vaste et peuplée que jusqu'ici.

Dans la pratique, tout ceci est vrai ! Ce à quoi s'ajoute :

  • Une ambiance très attachante qui est la combinaison de plein de variantes : à l'arrivée par l'ouest, grands axes et austères immeubles de l'ère socialiste, auxquels répondent de nombreux buildings avant-gardistes flambant neufs ; la vieille ville aux ruelles à l'atmosphère résolument ottomane, qui transitionne sans s'en rendre compte avec la ville austro-hongroise ; dès qu'on s'écarte, quelques pas de côté sur les hauteurs (et leurs ruelles pentues) pour une ambiance de bourgs paisibles.
  • L'amabilité des gens et l'ambiance relax, on l'a déjà dit, non ?
  • Tout autour, le regard se porte sur les montagnes verdoyantes. Toutes proportions gardées, l'environnement fait penser à Quito en Equateur, autre métropole posée sur un haut plateau de montagne et entourée de flancs verdoyants, sur lesquels s'accrochent deci-delà des quartiers résidentiels.
  • Fierté nostalgique toujours très vivace d'un âge d'or qui a culimné en 1984 où Sarajevo a organisé les JO d'hiver !

Le séjour va donc, forcément, consister à se laisser porter par l'atmosphère. Et à accepter de devoir bientôt quitter à regret cette ville si attachante.

Nous avons passé 2 jours (2 nuitées) à Sarajevo. Honnêtement, le minimum, si on veut aussi un peu profiter des environs, ça devrait être 3.

Quelques passages "obligés" (liste pas du tout exhaustive - et sans même aborder les musées) :

  • Le vieux Sarajevo : Baščaršija c'est à dire le quartier médiéval ottoman avec son bazar et ses remarquables mosquées.
  • Avec aussi son vieux marché couvert, très bien conservé : bezistan de Gazi Husrev.
  • A ne pas manquer, au détour d'une ruelle, le caffe Divan. Pour une pause magique (pour nous : y prendre un verre tous les soirs, et parler de la journée finissante et de celle à venir), et pour découvrir l'ancien caravansérail Morića Han ; ne pas hésiter à emprunter les escalier pour observer l'architecture à l'étage.
  • Prendre l'artère Ferhadija, pour un bond instantané dans le temps au XIXième siècle, époque austro-hongroise.
  • Le marché de Gradska Tržnica, superbe bâtiment dont l'extérieur ferait penser à un théâtre ou un opéra ; à l'intérieur, pas de doute, c'est un marché de produits locaux, essentiellement viandes et fromages. Découverte de ces viandes très faisandées, et ces fromages très, très frais ; ainsi que le mariage du fromage frais et des poivrons entiers (le poivron, ce trait d'union caractéristique qu'on retrouve partout au premier plan dans ces pays d'ex-Yougoslavie). Mais découverte visuelle uniquement, nous n'avons pas "osé tenter" de l'imposer à notre système digestif.
  • Le dénivelé, c'est bon pour la santé. Se lancer sur des ruelles environnantes, pour l'ambiance de bourgs paisibles.
  • Option vraiment obligatoire : Suivre une visite guidée via une association de guides locaux. Nous sommes passés par "Neno and friends", une association auto-gérée par les guides qui ont en commun d'avoir été enfants à l'époque du siège de la ville. Notre guide était Neno. Le tour "East meets West" dure 2 heures, durant lesquelles on a droit à un condensé de la grande et de la petite histoire de la ville. Néno raconte passionnément, et dans un style très "bosniaque" c'est à dire avec des touches de détermination, de détachement, de nostalgie et de positivité, une vision équilibrée et non manichéenne (donc avec des perspectives optimistes et humanistes) de l'histoire et du présent de sa ville, Absolument passionnant.
  • Autre option tout aussi obligatoire : Prendre une journée pour aller randonner dans les environs ! On aborde ça juste après.
Sarajevo, rue Kovači
Sarajevo, rue Kovači

Se restaurer

Les ćevapi, street food par excellence, nous ont accompagné tout au long du séjour, que ce soit en Croatie, au Montenegro ou en Bosnie. Une chose qui paraît s'imposer, pour ces quelques jours à Sarajevo, c'est qu'on fait un break sur les ćevapi... 😅

Quelques bons plans à petits prix :

  • Il faut essayer le bureg ! au fromage, à la viande, à la citrouille, ou aux épinards ; par exemple juste à côté du marché Trznica Markale, à la Buregdžinica Bosna (aussi appelée Olimpik Buregdžinica). Dextérité (et gentillesse) de la serveuse.
  • Pain et/ou pizza à emporter, à Pekara Memović, une boulangerie traditionnelle, une institution dans de quartier. Il faut dire qu'on logait juste à côté, donc pour nous c'était incontournable.
  • Pour un dîner dans un endroit cosy et un plutôt branché, bonne cuisine, grand choix de bières : le Gastro pub Vučko.

Hébergement

Impossible d'imaginer mieux que séjourner (jusqu'à 4 personnes, 2 vraies chambres) chez les adorables propriétaires de l'appartement Stari Lisac (situé ici). Appartement très cosy et formidablement rénové, à prix modique (50€ la nuit en août 2022). Très, très bien situé sur les hauteurs, à trois minutes à pied du centre historique, très au calme... et avec de quoi se garer dans la cour intérieure.

Randonnée à Umoljani

Prendre un grand bol d'air et de nature à Sarajevo, rien de plus simple. Par exemple, un coup de funiculaire et hop, toute la ville s'offre en panorama, et à partir de là, c'est la forêt. Le départ du funiculaire est seulement à quelques minutes à pied du centre historique (et c'est encore plus près depuis la chambre d'hôtes Stari Lisac, qui a vraiment tout pour plaire).

Autre possibilité, à la journée cette fois : viser les montagnes du bout du monde, à moins d'une heure de Sarajevo. Les monts Bjelašnica, ce sont des panoramas grandioses, de minuscules villages (Umoljani, Tušila, Bonovica, ...) suspendus sur de hauts plateaux, au dessus des gorges impénétrables (parmi les plus sauvages d'Europe). Lukomir est le plus emblématique de ces villages suspendus. Il est aussi plus compliqué et lointain à atteindre en voiture ; à pied par contre, ça sent la randonnée de rêve.

paysages à proximité d'Umoljani
paysages à proximité d'Umoljani
sur les hauteurs d'Umoljani
sur les hauteurs d'Umoljani

Cette randonnée peut se définir ainsi : Atteindre Umoljani en voiture (aucun problème, route bucolique et paysages grandioses au fil de l'avancée). S'y garer, sans tenter le diable pour qui voudrait rejoindre Gradina juste au dessus. A partir de là, la randonnée passe donc au village d'estives de Gradina, puis file le long des gorges, jusqu'à atteindre Lukomir. La boucle retour prend de la hauteur (600 mètres de dénivelé) par les crêtes qui dominent le plateau.
Les sentiers sont très bien balisés et fléchés, et le circuit "se comprend très bien" lorsqu'on est sur place : Depuis le col de Gradina, le paysage est très lisible, les sommets décrivant un cirque au creux duquel la "partie basse" du sentier file en direction des gorges, sa "partie haute" passant par les crêtes qui surplombent le tout. La trace de cette randonnée est disponible ici. Attention, au total c'est une randonnée sportive, 17km, 900m de dénivelé.

Malheureusement pour nous, les prévisions météo de l'après-midi étaient trop menaçantes pour se lancer dans ce circuit, donc on s'est contentés d'un aller/retour jusqu'aux gorges.

Comment se rendre à Umoljani ? Google maps nous y conduit sans problème ; ça consiste à prendre le "périphérique des hauteurs" de Sarajevo (M5, l'ancienne voie ferrée qui, entre parenthèse, offre des vues splendides sur la ville), puis biffurquer direction Lukavica, puis Krupac, puis Bjelašnica olympic ski resort, puis continuer sur tout le contournement du massif, et enfin un raidillon pour atteindre le village d'Umoljani et son plateau.

L'occasion aussi, au retour, d'aller voir les anciens sites olympiques de 1984, notamment le saut à ski, ambiance "urbex en plein air" ; surtout en cas de météo lugubre.

Quant à l'ancien site de ski alpin de Bjelašnica, on est accueilli par moultes anneaux olympiques, et on traverse le village qui est en pleine effervescence et en plein boum immobilier, visiblement la station de ski est en train de (re)devenir très courue !

Igman, ski jump
Igman, ski jump

de Sarajevo à Mostar

La route entre Sarajevo et Mostar, qui sont séparées par une centaine de kilomètres, est à elle seule un symbole de la Bosnie : Plutôt bien aménagée, en cours d'amélioration ; route particulièrement tortueuse, le pays est montagneux ; quel spectacle, on passe par quantité de paysages magnifiques (avec une mention spéciale pour les gorges de la Neretva, passé Jablanica : on est dans des gorges à couper le souffle, au sens propre du terme, vertigineuses, avec les pins omniprésents accrochés aux falaises, c'est irréel) ; à Sarajevo on est en altitude dans un écosystème verdoyant de montagne, et au sortir des gorges en direction de Mostar revoilà les figuiers et le climat méditerranéen.

époustouflantes gorges de la Neretva, après Jablanica, en route pour Mostar
époustouflantes gorges de la Neretva, après Jablanica, en route pour Mostar

A mi-chemin, Konjic est une petite ville paisible, acceuillante et charmante, où l'on passerait avec plaisir la soirée et la nuit.

Et les montagnes, avec plus de temps, se prêteraient à de superbes randonnées.

Konjic - [credits](https://www.flickr.com/photos/129497201@N05/15838159462/){_blank}
Konjic - credits

Croatie - 3 - Zagreb

Et voici le dernier chapitre du voyage : Zagreb !

Zagreb est excentré vis-à-vis de tout ce qui a précédé. Donc on aurait pu imaginer de "simplifier" ce voyage, en faisant l'impasse sur Zagreb, et simplement en repartant du point de départ, Dubrovnik. Zagreb étant bien desservie à l'international, ça peut constituer une destination pour un autre voyage. Cela dit, aucun regret ! Nous atteignons Zagreb en milieu d'après-midi, après avoir restitué la voiture de location à Neum (le détail ici) puis 6 heures de trajet en bus.

Zagreb

Le centre historique de Zagreb, ce sont deux quartiers incontournables : la ville basse (ou nouvelle ville), à l'architecture austro-hongroise, très vivante voire branchée ; et la ville haute, plus ancienne, partiellement médiévale, paisible.

En choisissant un logement à proximité immédiate du centre historique (nous, c'était le Design Studios SVI-MI), tout se fait à pied, c'est très agréable. Lors des déambulations, à ne pas manquer : la place Jelačić, le superbe marché Dolac (sur la place, et en dessous), la cathédrale, l'église Saint-Marc, la porte de pierre.

Zagreb, église Saint Marc
Zagreb, église Saint Marc

Quelques enseignements pratiques, pour le voyage en itinérance

Alors, ça se passe comment, au mois d'août dans ces régions, pour voyager en itinérance, et trouver un hébergement sans avoir réservé longtemps à l'avance ?

⤷ Ca se passe plutôt bien ! Oui, c'est possible de se loger "au fil de l'eau", en plein été, sans devoir se rabattre sur des rougnes ou sur des trucs hors de prix. Il y a 3 cas de figure :

  • Dans les zones peu ou moyennement touristiques, on peut sans problème réserver de la veille pour le lendemain.
  • Dans les zones touristiques (ex : Mostar, Sarajevo, Plitvice, Hvar), pour trouver un hébergement de qualité à prix raisonnable, il faut s'y prendre deux ou trois jours à l'avance (sinon, si on laisse le temps passer, on constate au fil des heures que les hébergements de qualité "fondent comme neige au soleil")
  • Dans les zones très, très touristiques, galère à prévoir. Pour nous, la seule galère, ça a été Split : impossible d'y trouver un logement à prix décent. C'est ce qui nous a amenés à nous rabattre sur l'arrière pays, et séjourner à 30 minutes de Split, à Sinj (très bonne surprise). Concernant Dubrovnik, on avait réservé 2 semaines avant notre arrivée.

En cas de galère, en complément de chercher "plus loin", quelques conseils : Au delà des classiques "room" ou "guest house", rechercher aussi : "sobe", "apartman", "apartmany". Soit sur google maps, soit à l'ancienne en bord de route.

Le passage des frontières

⤷ Dans le planning, prévoir du temps !

⤷ Et, ne pas faire les mauvais choix !

Le passage des frontières, c'est systématiquement au goutte à goutte. Parfois sur une seule file.

  • ⚠️ (Croatie) Dubrovnik → (Montenegro) baie de Kotor, par le poste-frontière de la route principale, via Herceg Novi : Notre hôte à Dubrovnik nous explique qu'avec cet itinéraire pour le Montenegro, qui est la voie "normale", le temps de passage à la frontière sera très long, à moins d'y être très tôt le matin. On se rabat sur un itinéraire bis, qui passe un court moment par la Bosnie, juste au nord : (Croatie) Dubrovnik → (Bosnie) Trebinje → (Montenegro) Herceg Novi puis baie de Kotor.
  • (Croatie) Dubrovnik → (Bosnie) Trebinje : Poste-frontière sur les communes de (Croatie) Brgat Gornj / (Bosnie) Ivanica. A 11h du matin, il y a une seule file, mais ça avance correctement, en tout le passage des 2 douanes prend 45 minutes.
  • (Bosnie) Trebinje → (Montenegro) Herceg Novi puis baie de Kotor : Poste-frontière de (Bosnie) Zupci / (Montenegro) Sitnica. A 13h, il y a une seule file, mais très peu de monde, en tout le passage des 2 douanes prend 20 minutes.
  • ⚠️⚠️ (Montenegro) Nikšić → (Bosnie) Bileća : Poste-frontière sur les communes de (Montenegro) Vraćenovići / (Bosnie) Deleuša. A 11h, il y a un kilomètre de queue. Après 40 minutes d'attente, un constat : au rythme où ça avance (100 mètres par heure), on en a pour 8 à 10 heures avant de passer. Après lectures sur google maps des "avis" sur les postes frontières du coin, confirmation qu'ici c'est la cata, et que ce rythme, c'est la norme. Nous faisons le choix de rebrousser chemin (20 minutes) pour ne pas passer la journée là ! Pas bien grave, le paysage de garrigue montagneux était superbe à l'aller, avec le retour c'est l'occasion d'en profiter à 360° 😅.
  • (Montenegro) Nikšić → (Bosnie) Trebinje : Poste-frontière de (Montenegro) Ilino Brdo / (Bosnie) Klobuk. Finalement, à 12h30, nous voilà à ce poste frontière. Il y a de la queue, mais ça avance très correctement, sur 2 files puis finalement une troisième qui ouvre. En 30 minutes tout est réglé, c'est reparti pour la Bosnie.
  • (Bosnie) Mostar → (Croatie) Imotski en direction de Split ou Sinj : Poste-frontière de (Bosnie) Gorika / (Croatie) Donji Vinjani. A midi, presque personne, en moins de 10 minutes c'est réglé.
  • (Croatie) Plitvice → (Bosnie) Bihać : Poste-frontière de (Croatie) Ličko Petrovo Selo / (Bosnie) Izačić. A 18h, 2 à 3 voies ouvertes, une trentaine de minutes pour passer (disons... en principe, s'il n'y avait pas eu des bugs informatiques ou que sais-je, qui ont doublé cette durée...). Le soir dans l'autre sens, ça passe en quelques minutes. Le lendemain milieu de matinée, ça passe en moins de 10 minutes.
  • (Bosnie) Neum → (Croatie) Klek : Poste-frontière de Klek. Tôt le matin à 8h, ça passe en moins de 10 minutes.

L'aventure de la location de voiture - ou comment dénicher le meilleur loueur de tous les temps

La préparation d'un voyage trouve sa première concrétisation, et son premier large sourire, dès l'instant où les billets d'avion sont réservés.

Puis, comme ici il s'agit de faire de l'itinérance en voiture, s'ensuit la recherche d'un loueur de voiture. Et là, c'est le drame... non mais... ces prix ! Les loueurs croates, ils veulent toucher le jackpot... que ce soit à Dubrovnik, à Zagreb, partout, c'est hors de prix, ça représenterait un budget démesuré.
Bien. Qu'à cela ne tienne, on va bien trouver une solution : la Bosnie n'est pas loin... et oui, en Bosnie, les prix sont bien moins chers : divisé par deux comparativement aux meilleurs prix croates.

Après moult recherches et réflexions sur la façon de s'y prendre la plus adaptée au séjour, voici ce qu'on a décidé de faire ; et bien nous en a pris, car c'est la meilleure expérience de location de voiture jamais vécue !
Voici donc le principe :
La Bosnie a un accès à la mer Adriatique, minuscule, quelques kilomètres de côtes, avec une petite station balnéaire : Neum. C'est à une heure de Dubrovnik, à une heure quinze de Mostar.
A Neum, il y a un loueur : Rent A Car DUO.
Le gérant est à son compte (ce n'est pas une chaîne), il parle anglais, on échange sur whatsapp pour tout clarifier.
35€ la journée, kilométrage illimité, inclus la carte verte pour le passage des frontières Bosnie - Croatie - Montenegro.
Moyennant un petit supplément, on fait le check-in à Dubrovnik, où on veut (devant la chambre d'hôtes, donc 🙂), il nous emmène la voiture depuis Neum.
Pour la restitution du véhicule, il faut que ce soit à l'agence à Neum (c'est imposé par la loi de Bosnie).
Impeccable ! Nous faisons donc en sorte de terminer la partie "véhiculée" du voyage par une nuit à Neum.
Une fois la voiture restituée, s'il s'agissait de finir le voyage à Dubrovnik, il suffirait de prendre un bus, une heure le long de la côte pour rejoindre Dubrovnik. Comme notre fin de voyage est à Zagreb, nous prendrons le bus pour Zagreb. Il ne se prend pas à Neum même, mais côté croate, à Opuzen (précisément ici). 20 minutes de taxi, que le loueur réservera pour nous.
Signature du contrat et paiement lors du check-in, en euros. Voiture neuve. Aucun besoin de fournir un numéro de carte bancaire à aucun moment ; c'est très atypique, et résolument anti-arnaque.
A la restitution du véhicule, au petit matin à Neum, le gérant ne cherche même pas à voir si par hasard il y a des éraflures ; c'est totalement inédit ! Poignée de mains, voici le taxi pour Opuzen, tout s'est très bien passé, un très grand merci !

Signes des guerres passées

Les murs se souviennent

Que ce soit en Croatie ou en Bosnie, rares sont les régions qui, durant la guerre des années 90, n'ont pas connu les combats.
Les stigmates visibles sont aujourd'hui très majoritairement effacés, mais partout, deça delà, il reste certains murs, sur lesquels les impacts de balles sont encore là pour témoigner.

sur un mur à Bihać
sur un mur à Bihać
Mémorial à Sarajevo
Mémorial à Sarajevo

Préservation des stèles en hommage aux partisans contre l'allemagne nazie

Durant la seconde guerre mondiale, les Yougoslaves ont payé un très lourd tribut à la lutte contre le nazisme : 7% de la population. Chez les alliés, seuls la Pologne et l'URSS ont été plus ébranlés encore.
Au travers de ses deux principales unités constituées (les partisans d'inspiration communiste de Tito, et les tchetniks d'inspiration royaliste de Mihailović, par ailleurs rivaux et en lutte intestine), l'effort de guerre fourni par la Yougoslavie a réellement pesé sur le conflit (comparativement à un autre pays pourtant théoriquement bien plus puissant, suivez mon regard), au prix de pertes considérables.
Au sortir de la guerre, la Yougoslavie socialiste a érigé nombre de stèles et mémoriaux en l'honneur de ses morts au combat.
On est soulagé de constater que, encore aujourd'hui, et malgré l'éclatement de l'ex-Yougoslavie dans l'atrocité de la guerre des années 1990, malgré tout, bon nombre de ces stèles sont conservées intactes, et entretenues. La mémoire des morts au combat contre le nazisme est préservée. Pour leur mémoire, pour la dignité.
Sans les chercher, on a pu en voir au Montenegro (en bord de route), en Bosnie (à Sarajevo, monument solennel), en Croatie (centre ville de Šibenik, plaque sur un mur à l'angle d'une ruelle).

Stèle au Montenegro (au milieu de nulle part)
Stèle au Montenegro (au milieu de nulle part)

Pour les passionnés de polar intéressés par une immersion dans cette période historique dans cette région, on recommande la lecture de "l'homme de Berlin" de Luke McCallin. Plongée à Sarajevo durant la seconde guerre mondiale, revue de toutes les forces en présence, avec leurs contradictions ; perplexité et désarroi garantis 🙂.

Accompagnés par la musique

En tant qu'amoureux de la musique, je prends un grand plaisir à me laisser absorber par les musiques des pays où je me trouve. A la radio, selon les choix des chauffeurs de bus, ou dans la voiture de location, dans les bars, dans la rue, au hasard d'une fête à une terrasse, ...

Ici dans les Balkans et en Europe centrale, c'est un paradis pour les oreilles ! Parler de la musique populaire traditionnelle issue des pays d'ex-Yougoslavie, ou bien de la Hongrie, ou encore de la Bulgarie (avec ses chants et ses rythmes absolument fascinants), mériterait... un site web dédié 😱, ce sont des musiques faites avec le coeur et avec l'âme 🥰.

Durant le voyage, en Bosnie et au Montenegro, le feeling est similaire : la musique pop est très... Balkanique (quelle révélation ! 😁), avec une touche orientale. En Croatie, c'est un peu plus occidentalisant.

Ah, ces chansons Bosniaques, avec un gigantesque et profond vibrato dans la voix du chanteur ou de la chanteuse, sur les accords mineurs !

Voici deux courts extraits, enregistrés à la volée dans la voiture. Shazam / soundhound sont très doués pour avoir identifié les morceaux !

  • Une chanson rock qui en définitive date du milieu des années 80, visiblement ça a été un tube hard-rock à l'époque. Eh bien cette chason est carrément énorme, ça déchire ! super mélodie et énergie, super chateur, rythmes étonnants, dans la veine d'Europe - The Final Countdown. Le nom du groupe est Kerber, le titre du morceau est "Hajde da se volimo" ("On doit s'aimer").
Kerber, Hajde da se volimo (radio)

Kerber, Hajde da se volimo (sur youtube)

  • Une chanson pop-folk, très typique avec de l'accordéon et ce vibrato profond dans la voix. Ca date aussi des années 80, apparemment. Le nom du chanteur est Ipče Ahmedovski, le titre du morceau est "Nemoj Da Me Odbijes" ("Ne me rejette pas"). Chanson très attachante.
Ipče Ahmedovski, Nemoj Da Me Odbijes (radio)

Ipče Ahmedovski, Nemoj Da Me Odbijes (sur youtube)

un compagnon de route
un compagnon de route

Toutes les photos sont faites par nous (© nearbyexile.com), sauf lorsqu'une autre source est indiquée.

 
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